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 et j'ai ma panoplie de pantin déglingué. (amari)

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Lulëzim.
                 
                     
 
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MessageSujet: et j'ai ma panoplie de pantin déglingué. (amari)   Jeu 6 Juil - 22:44                                  
AMARI CALDEEN
le blues a dégrafé nos cœurs de cannibales.

surnoms ○ Il s'appelle Amari, alors tu l'appelles comme ça, ou tu ne l'appelles pas. Mieux !, appelle-le Monsieur Caldeen. Tu peux te risquer à un petit Ama ou Am, mais à tes risques et périls. Seules quelques rares personnes peuvent tordre son prénom en toute impunité. âge ○ trente-six ans. Et depuis la barre des trente ans, chaque année est un calvaire. Un supplice qu'il a beaucoup de mal à endurer. date, lieu de naissance ○ né le vingt-huit mai dix-neuf cent quatre-vingt-un, à Bristol en Angleterre. nationalité, origines ○ il est de nationalité anglaise et a des origines russes de par sa mère. métier ○ médecin légiste et auteur de romans d'horreur. orientation sexuelle ○ homosexuel. statut civil ○ marié, à une femme.


nuit/jour ? ○ nuit. chiot/chaton ? ○ ni l'un ni l'autre. burger/fish & chips ? ○ burger. boire/danser ? ○ boire. tinder/uber ? ○ uber. concert/festival ? ○ aucun. agir/comprendre ? ○ comprendre. food/porn ? ○ food. et porn. french kiss/french fries ? ○ french kiss. vendredi soir/samedi soir ? ○ les deux. de sang froid/de sang chaud ? ○ sang froid.


des mélancolies hors d'usage.


UN.
Dix ans. Il pratique l’autopsie du chat du voisin que son chien vient de tuer d’un simple coup de crocs.
Il est retrouvé dans la grange avec une tondeuse (c'est plus pratique d'inciser, avec une vue dégagée), tout l’assortiment de couteaux (elle avait la peau dure, cette bestiole), les pinces à linges (pour tenter de maintenir le thorax ouvert, c'est plus pratique), la pince à épiler de sa mère (oui, fallait bien trifouiller, là-dedans ; sinon ça n'avait aucun intérêt) et les mains pleines de sang (les gants en latex étaient malheureusement aux abonnés absents).
Ses parents, inquiets et tourmentés, lui hurlent dessus. Sa mère laisse même s'échapper une larme. Elle craint que son enfant soit un psychopathe.
Il est privé de lecture pendant un mois. Ils considèrent que son imagination dépravée n'a plus besoin d'être nourrie. Et il gagne quelques séances chez un psychologue.
Le chat n’a bien entendu pas été rendu à son propriétaire dans cet état ; son père a préféré l’emmener à la déchetterie.

DEUX.
« Le ventre ouvert, sur près de vingt-sept centimètres ! Une coupure grossière, certes, mais qui m’a tout de même facilité la tâche, pour l’autopsie. »
Grimaces de dégout. Les fourchettes retombent, on avale de travers, les assiettes – automatisme – sont repoussées vers le centre de la grande table. La porcelaine de grand-mère racle le bois sombre. Des regards torves ou courroucés, des nez plissés et une panoplie de bouches tordues se tournent vers lui qui, naturellement, continue de manger, accompagné de quelques rares affamés à qui il n’est pas parvenu à couper l’appétit.
A qui il n’est pas ENCORE parvenu à couper l’appétit.
« Mais ce n’est pas ce qui l’a tué. »
Il amène un morceau de viande, saignante, à sa bouche.
« En fait, on l’a étranglé… »
Et il le mastique.
« Avec ses propres tripes. »
Les derniers en lice recrachent leur bouchée. Ou manquent de s’étouffer. Des exclamations, indignées, fusent.
Amari sourit, satisfait. Et s’offre l’audace d’un :
« Olga, ne peux-tu pas demander à ton fils d’arrêter de se curer le nez ? Il va me couper l’appétit. »
Peut-être qu’au moins, on ne l’obligerait pas à faire la route l’an prochain afin d’assister à ce funeste et stupide repas de famille.

TROIS.
« Oui, je le veux. »
Traditionnel échange des anneaux. Or blanc autour du doigt, ils s’embrassent.
Amari sort de l’église, la mariée dans les bras. La longue traine blanche balaie le sol. Un mariage comme dans les livres pour enfants. Plein de clichés désuets.
Doux sourires, visages rayonnants. Sasha et Amari. Leurs yeux s’accrochent un instant. Accord tacite, compréhension muette ; il se penche doucement et attrape ses lèvres roses pour un baiser furtif.
Un nombre incroyable de corps massés près du couple. Peut-être plus qu’Amari n’a côtoyé dans sa vie toute entière. Il ne connaît presque personne. Ils ne sont pas là pour lui. Mais pour elle. La jolie cadette qui gâte enfin sa famille en épousant un homme à l’air tout à fait respectable et aimable.
Sa famille est absente. Ils ne cautionnent pas. Et ne souhaitent pas être les complices d'une absurde mascarade.
Les cris, les rires et les pleurs se confondent en une symphonie des plus disharmonieuse. Une cacophonie synonyme de joie.
Puis, un peu plus tard, la porte de leur maison claque. Un instant de flottement. Puis un rire partagé et longuement contenu éclate, vif. Il embrase leurs yeux. Et semble les délivrer d’un fardeau invisible. Ce spectacle public est enfin terminé.
« Papa était tellement ému. Si ravi ! », et ses yeux pétillent lorsqu’elle enlace Amari.
Son père. La raison de ce cinéma. Qui pourrait paraître pathétique. Mais la compassion et l’altruisme tendent plutôt à le rendre beau.
Son père. A qui les médecins n’accordaient pas plus de six mois. Une miette de temps. Échéance rapide. Brutale.
Son père. Pour qui seul compte le bonheur de sa fille. Qui se bat seulement pour la voir heureuse. Et pour qui le mariage est un commencement crucial et des plus épanouissants. Vieux croyant, l’amour et l’engagement mutuel et infini passe par l’église.
Amari, peu habitué au mensonge et à la simulation, mal à l’aise à l’idée même du mariage,… avait pourtant accepté de jouer le jeu. Pour l’aider, l’encourager. Pour que ses jolies lèvres esquissent un sourire.
Après tout, six mois ce n’est pas si long.
Six mois, c’était il y a un an et demi. Et son père, toujours sur ses deux pieds, serait maintenant le plus heureux des hommes si sa princesse avait un enfant.
Fichu cancer.

QUATRE.
« ‘Mari ! C’est moi ! »
La brune s’engouffre dans la maison. Doux vent sucré. Ou ouragan extravagant. Sans avoir prévenu de son arrivée, sans même avoir eu l’idée de frapper à la porte. Peut-être Amari n’aurait-il pas dû lui signifier que sa porte lui serait toujours ouverte. Cette fois-ci, au moins, il fait jour. Et il n’est pas nu. Ni accompagné. Ni-… Enfin. C’est en somme une situation plutôt décente, pour une fois.
Il renonce, fataliste, à lui répéter une fois encore de ne pas l’appeler de cette façon. Elle n’y entend rien. Il préfère, à défaut, se précipiter pour la serrer dans ses bras. Avant qu’elle ne coure jusqu’à sa voiture.
Sa sœur. Andrea. Seule fille d’une famille de six enfants. La dernière. Adorable monstre ; poupée attachante à ses heures perdues. Une furie dynamique dont il ne peut se passer. Une partie de lui ; le morceau qui s’envole plus loin et plus haut, celui qui arracherait les étoiles au ciel – car rien ne peut résister à cette tempête impétueuse. La seule avec qui il soit réellement lié. Puisqu’elle est la seule, de cette famille nombreuse et moraliste, qui l’accepte sans le juger, sans le mépriser, sans l’envier et sans chercher à saisir chacune des occasions qui se présentent afin de l’humilier ou de le rabaisser.
Sa sœur, cette-…
« J’ai amené quelqu’un ! »
Un chien. Un bébé chien.
Sa sœur, cette garce.
« Non. » ; énergique et déterminé.
« Si. » ; refus d’être contredite, résonnance d’une victoire pourtant encore non-acquise.
« Non. » ; il répète.
« Mais si ! Je dois partir demain pour un mois et je n’ai pas confiance en les gens de la pension. En plus, c’est encore un bébé ! Je ne peux pas lui infliger ça. Tu comprends. »
Il regarde la bête d’un air dubitatif.
« C’est la même marque que celui qu’on avait, gamins. »
Ce truc allait se transformer en véritable boule de nerfs, une montagne de muscles armée d’une mâchoire de fer. Un molosse.
« Race. C’est la même race. Ce n’est pas une marque : ce n’est pas une chose. »
Nouveau regard, en coin.
« Certes. Mais ça ne change rien. J’ai dis non. » ; les bras croisés sur son torse.
« Pourquoi ? » ; elle demande, une moue presque boudeuse collée sur son visage expressif.
« Ça mange. Ça pu. Ça perd ses poils. Ça aboie. Ça se renifle les fesses pour se dire bonjour. Ça fait caca et ça mange le caca des autres. Et ça bousille les chaussures. Ça montre son pénis à tout le monde. Et il va vouloir violer mon oreiller. » ; argumentation imparable. Fier, il hausse ses sourcils et relève le menton.
« C’est une femelle. »
« Pire ! »
Mais Andrea se contente d’un sourire. Puis, en de grandes enjambées sautillantes, elle regagne la maison de son frère. Le chiot la suivant de près.
Un soupir. Et il traine la valise de sa peste de sœur jusque chez lui.
Lubka a maintenant près d’un an. Et Andrea ne la récupérera jamais. Un joli et adorable cadeau. Offert avec force détours, feintes et omissions. Elle le connaît si bien.
Bien entendu, il n’avouera jamais clairement être éperdument tombé sous le charme de ce « sale truc ».
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